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Mercredi 25 janvier 2006

Vendredi, mi historia es tu historia est passé à la télé.  Et une semaine plus tôt, nous avons organisé le premier ciné-débat dans une des communautés affectées par les catastrophes naturelles qui ont bouleversé le Venezuela en 1999 et 2005  Je suis content de savoir que dorénavant ce film appartient à ceux qui le regardent.

 
Depuis quelques mois, je rêve de produire un film de ce genre en appliquant les techniques et les méthodes que nous avons employées au Venezuela. 

 
Imaginez un film qui commence dans une tribu Inuit au Canada, avec des ados qui nous racontent comment la glace fond de plus en plus, comment leur vie a changé depuis que leurs parents ne peuvent plus ni pécher ni chasser sur la banquise tellement elle est devenue fragile.  La couche est si mince qu’on ne peut plus y marcher.

 
On irait ensuite au Bengladesh ou sur les îles Tuvalu, car là c’est le contraire, ça déborde.  Lisez cet extrait d’un article du monde du 17 décembre.

 
Au mois d'août, la centaine d'habitants de Lateu, dans l'archipel de Vanuatu, en Océanie, sont entrés bien involontairement dans l'histoire. Leur village, situé au bord du Pacifique sur l'îlot de Tégua, est le premier au monde à avoir été déplacé en raison du réchauffement climatique et de la montée des océans.

 
Les racines des cocotiers baignaient dans l'eau, les cyclones et les grandes marées s'enchaînaient à une cadence inouïe, la modeste barrière de corail de 1 mètre, dernière ligne de défense contre les flots, s'était érodée, les moustiques porteurs de diverses maladies prospéraient en raison des points d'eau stagnante... Il a donc fallu partir à quelques centaines de mètres à l'intérieur de l'île. Lateu fait aujourd'hui figure de symbole. Son cas a été évoqué, mardi 6 décembre, à la conférence de Montréal sur le changement climatique.

 
Aujourd'hui Vanuatu. Demain les îles Tuvalu. Ce sera le premier Etat à disparaître à cause du climat puisque l'altitude moyenne de cet archipel ne dépasse pas 2 mètres. En 2001, le pays a conclu un accord pour que les quelque 11 000 Tuvaluans soient progressivement accueillis par la Nouvelle-Zélande. Après-demain, ce sera le tour du Bangladesh, dont une bonne partie du territoire se situe sous le niveau de la mer et qui est, déjà, fréquemment frappé par des inondations catastrophiques. Selon le rapport 2001 du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), si les océans montaient de 1 mètre, ce qui arrivera probablement au siècle prochain, 30 000 km2 du Bangladesh disparaîtraient sous les eaux, soit 20 % du territoire. Actuellement, dans cette immense zone "inondable", vivent 15 millions de personnes... Où iront-elles ?

 
L’article continue ainsi et nous donne une idées des différents thèmes que nous pourrions toucher.

 
Mais l'augmentation du niveau des océans ne fait pas que rogner les territoires : elle a aussi des effets collatéraux pervers comme la salinisation des terres arables et la pollution des nappes phréatiques qui rendent l'agriculture et la vie même difficiles sur les côtes. Le rapport du GIEC prévoit notamment une réduction générale des rendements agricoles et une diminution des disponibilités en eau dans certaines zones qui entraîneront des migrations forcées.

 
Le réchauffement de la planète accentuera également les accidents extrêmes du climat comme les ouragans et les sécheresses. Ainsi, en Chine, le désert de Gobi gagne plus de 10 000 km2 chaque année, un phénomène qui se retrouve aussi au Maroc, en Tunisie et en Libye. Quant à l'exceptionnelle saison cyclonique qui a ravagé le golfe du Mexique en 2005, elle pourrait bien préfigurer ce que sera la norme du XXIe siècle. Devra-t-on à l'avenir reconstruire La Nouvelle-Orléans tous les dix ans ?

Le nord du Canada, Le Bengladesh, L’Egypte, le désert de Goby en Chine, l’Afrique subsaharienne, la Hollande, le Honduras ou le Venezuela sans oublier les Etats-Unis seraient les territoires où nous pourrions nous poser. Il s’agira de recueillir, grâce à des psychologues spécialisés, les témoignages et les histoires d’adolescents ayant été victimes de catastrophes naturelles, de leur transmettre les bases de la prévention face aux catastrophes naturelles, de leur enseigner les causes et les effets de ces changements climatiques (semer les graines de citoyens responsables et exigeants) et de les divertir en faisant avec eux un long-métrage en épisodes.

 
On réaliserait ensemble une œuvre collective adressée aux adultes et aux enfants de la planète afin de leur faire prendre conscience des dangers que nous encourons si nous continuons à ne pas nous soucier du réchauffement de la planète.  Ça vous intéresse ?

Par Jean-Charles L'Ami - Publié dans : Français
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